Une nouvelle étude affirme que, sans accord de libre-échange post-divorce entre l'Union européenne et la Royaume-Uni, les entreprises britanniques et européennes devront faire face à d'importants coûts supplémentaires.

Selon le cabinet d'avocats Clifford Chance et le cabinet de consultants Wyman, les acteurs économiques des deux côtés de la Manche se partageraient chaque année une addition de 65 milliards d'euros en taxes et barrières diverses en cas de "Hard Brexit". C'est en tout cas ce qu'ils ont calculé et publié ce lundi 12 mars. Les entreprises du Continent devraient supporter de peu la majorité de ces coûts, payant 35 milliards d'euros leur accès au marché britannique, tandis que leurs équivalents britanniques débourseraient 30 milliards d'euros pour accéder au marché unique.

Ces chiffres présentés comme un avertissement contre une séparation dure, qui menacerait le chiffre d'affaires de nombreuses entreprises, ne sont pas très éloignés de celui de 60 milliards prédit par l'institut allemand Ifo en octobre déjà. En outre, tous les secteurs d'activité ne subiraient pas de la même façon ces coûts supplémentaires. Les services financiers britanniques, obligés de créer de nouvelles infrastructures pour garder leurs clients de l'Union, prendraient à eux seuls une part importante de ces coûts en charge, soit plus de 10 milliards d'euros. L'agriculture et l’agroalimentaire, l'automobile, les biens de consommation et les industries chimique et plastique des deux côtés de la Manche seraient également plus fortement impactés que les autres.

Le gouvernement britannique entend donc garder un accord de libre-échange avec l'Union européenne tout en quittant le marché unique et toutes les autres instances de l'UE afin de préserver la City londonienne. Du côté de la Commission, tout traité qui distendrait les liens économiques et rendrait le commerce plus compliqué et coûteux qu'il ne l'est dans le seul intérêt de Londres est non-envisageable. Les négociations concernant le secteur financier devraient commencer après le conseil européen des 22 et 23 mars et durer bien plus d'un an. Le Brexit entrant officiellement en vigueur le 29 mars 2019, les Britanniques ont d'ores et déjà demandé un régime transitoire.


Publié le 12 mars 2018