Schroders a révisé ses prévisions de croissance de l’économie mondiale à la baisse, et ce, pour le quatrième trimestre consécutif. Le gestionnaire d’actifs ne s’attend cependant pas à une récession. Au contraire, la croissance devrait s’améliorer en 2020, selon Keith Wade, économiste en chef chez Schroders. Les prévisions pour l’année 2020 ont donc été revues à la hausse.

Croissance plus faible en 2019

Schroders a ramené de 2,9 % à 2,8 % ses prévisions en ce qui concerne la croissance économique mondiale pour 2019. En revanche, ses prévisions pour 2020 sont remontées de 2,5 % à 2,7 %. La révision à la baisse pour cette année reflète le recul des prévisions pour la zone euro, le Royaume-Uni et le Japon. Si les prévisions sont meilleures pour 2020, c’est grâce à une amélioration globale, avec par exemple une révision à la hausse pour les États-Unis (1,6 % contre 1,3 % précédemment), le Japon (0,4 % contre 0 %) et la Chine (6,1 % contre 6 %). Les prévisions d’inflation pour cette année et l’année prochaine ont également été revues à la baisse pour l’ensemble des régions, sauf l’Europe. Cette adaptation s’explique en grande partie par la diminution des prix pétroliers.

  Un assouplissement de la politique monétaire est possible, sauf en Europe et au Japon

Une baisse de la croissance et de l’inflation offre un peu plus de marge au niveau de la politique monétaire. D’après les prévisions, les taux d’intérêt américains n’augmenteront plus qu’une seule fois cette année, avant de diminuer en 2020. Schroders pense aussi que la banque centrale du Royaume-Uni ne relèvera ses taux d’intérêt qu’une seule fois cette année. La semaine dernière, la BCE a créé la surprise en annonçant de manière inattendue que les taux d’intérêt ne bougeraient pas au moins jusqu’en 2020. Schroders prévoit donc un premier relèvement des taux en mars 2020, suivi d’un second en décembre 2020.  En ce qui concerne la Banque du Japon, on s’attend à ce qu’elle mène une politique inchangée. La Chine, quant à elle, poursuivra selon toute vraisemblance sa politique d’assouplissement à cause d’une baisse des réserves obligatoires, qui devraient se chiffrer à 10 % d’ici fin 2020 (contre 11 % précédemment).

L’on s’attend à ce que le dollar américain reste fort à court terme, pour ensuite se tasser plus tard dans l’année lorsque les taux d’intérêt américains culmineront, tandis que le Royaume-Uni resserrera sa politique monétaire. Schroders pense que la livre sterling profitera de la signature d’un accord avec l’UE et du fait que le Royaume-Uni bénéficiera d’une période de transition au lieu d’un Brexit dur.

  Pas de récession, mais trois raisons incitant à l’optimiste

Bien que les indicateurs à court terme restent faibles, Schroders s’attend à une croissance de l’activité au second semestre de cette année. La crainte d’une récession persiste, mais trois raisons incitent le gestionnaire d’actifs à se montrer plus optimiste au niveau de la croissance économique.

1. La baisse des prix de l’énergie dope le revenu réel à l’échelle mondiale.

2. La Chine et les États-Unis sont proches d’un accord commercial. De ce fait, les prévisions d’inflation sont plus basses. La Chine importera davantage de biens américains dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture et de l’industrie manufacturière. Le revers de la médaille est que ces débouchés exercent une pression sur les entreprises de ces secteurs en dehors des États-Unis.

3. La politique monétaire est plus souple. Les taux d’intérêt augmenteront moins, ou moins rapidement.

Schroders part du principe que la zone euro se remettra du malaise actuel. L’économie américaine connaîtra pour sa part un ralentissement en 2020 dû à l’estompement de l’effet des mesures de relance budgétaire.

 

Une hausse prudente de la croissance en 2020

Les révisions à la baisse ne s’appliquent pas à l’année 2020, parce que Schroders s’attend à un basculement de tendance, grâce à l’apaisement des tensions entre les États-Unis et la Chine, à une flexibilité accrue des banques centrales et aux avantages liés au niveau faible des prix pétroliers. Les prévisions pour 2020 ont dès lors été légèrement relevées.


Publié le 13 mars 2019