Alors que OneLife mise sur les actifs non traditionnels, l'équipe InFinance est allée à la rencontre de Fouad Charrite (Unquoted & Traditional Assets Director, Ad Interim) et Anthony Lorrain (Chief Commercial Officer, Ad Interim) pour discuter ces nouvelles classes d’actifs dont peuvent désormais bénéficier les clients fortunés de la compagnie d’assurance vie basée à Capellen.

Après une expérience de dix ans en audit de Private Equity au sein d'un cabinet de services professionnels reconnu, Anthony Lorrain a rejoint OneLife il y a maintenant deux ans et demi, en tant que Unquoted & Traditional Assets Director, avec pour mission de développer l'activité "Private Equity" au sein d'un contrat d'assurance-vie, que le principal intéressé préfère nommer "Non-Traditional Assets" et qu'il considère comme un réel élément différenciateur. Fouad Charrite a, quant à lui, rejoint OneLife, en tant que Securitisation and Private Equity Manager, dans le courant de l’année 2018, après plus de dix ans en audit de Private Equity et de Sociétés de Titrisation au sein d'un cabinet de services professionnels également reconnu.

Anthony et Fouad, qui occupent aujourd'hui les fonctions de Chief Commercial Officer (Ad Interim) et Fouad Unquoted & Traditional Assets Director (Ad Interim), respectivement, ont pour ambition de continuer le développement de l’activité « Private Equity » dans le contrat d’assurance-vie mais également de développer la titrisation au sein de ces contrats. Ainsi, avec leurs équipes respectives, ils sont en mesure de proposer de nouvelles solutions à leurs clients fortunés qui sont basés dans différents pays européens et d’Amérique Latine. Ceci est rendu possible grâce au régulateur luxembourgeois, le Commissariat Aux Assurances qui, de par la circulaire 15/03 datant de 2015, permet un champ des possibles très vaste au niveau des sous-jacents et donc plus de flexibilité et d'opportunités. "Cependant, pour se différencier, une certaine technicité est nécessaire. Il est également primordial d'avoir établi une police interne d'acceptation", précisent-ils d’une même voix.

Ce positionnement haut de gamme correspond à la mise en place de solutions sur mesure et personnalisées. Celles-ci sont la somme de plusieurs compétences : produits (désormais également accessibles via des plateformes 100% digitales), structuration (avec notamment l'intervention d'un ingénieur patrimonial) et actifs sous-jacents. Un panel complet des investissements est ainsi offert : régulés ou non-régulés, illiquides ou liquides. "Jusqu'où peut-on aller ? Où les autres vont-ils s'arrêter ? Il s'agit d'un véritable différenciateur" souligne Anthony Lorrain, qui insiste tout de même sur les difficultés liées à ce types d'investissements, tels que la valorisation ou le monitoring à la valeur du marché. Pour ce faire, les experts suivent entres autres les guidelines et recommandations des différentes associations de Private Equity.

 

Des équipes multidisciplinaires

Le souhait d'Anthony ? Continuer à investir dans une équipe composée de talents provenant de ces différents univers. Fouad a donc rejoint OneLife en tant qu’expert de la titrisation, un aspect encore très peu développé dans les contrats d'assurance-vie. "Je souhaite que nous continuions à être à la pointe de l'innovation sur ce type de thématiques" ajoute Antony Lorrain. Plus tard, Fouad envisagera également de recruter un spécialiste de l'immobilier. L'approche OneLife ? Avoir des talents dans ces domaines bien spécifiques – ce qui conforte le statut de l'assureur-vie luxembourgeois auprès de ses partenaires – puis les former à l'assurance-vie, plutôt que d'envisager le scénario contraire. Les questions assurantielles seront tout de même traitées par les spécialistes du secteur et les Wealth Structurers, mais c'est bien cette combinaison produit/structuration/actifs qui donne son côté singulier à la solution complète proposée par OneLife. "Lorsque nous sommes face à nos partenaires multiples – clients, family office, banquiers privés, avocats – nous sommes efficaces car nous évoluons en équipe" souligne le Unquoted & Traditional Assets Director. Il poursuit : "L'équipe peut répondre à toutes les interrogations". Dans un pays qui travaille très souvent en silos – fonds, private equity, immobilier, etc., l’approche de OneLife est de rassembler tout et tous autour de l'assurance-vie. "Nous pouvons ainsi faire des liens, des passerelles entre ces différents professionnels". Un projet ambitieux mais qui prend tout son sens pour l'assureur-vie OneLife, Anthony, Fouad et les membres de leurs équipes.

Cependant, comme évoqué précédemment, des difficultés persistent, notamment concernant la valorisation et l'existence : comment reflète-t-on ces titres et la détention de ces actifs au sein d'une banque dépositaire ? Comme le souligne Fouad Charrite, "Au Luxembourg, nous bénéficions de ce fameux triangle de sécurité : c'est le Commissariat Aux Assurances qui autorise une transaction entre un assureur et une banque dépositaire. L'ensemble doit être agréé. Si demain nous intégrons une start-up dont les comptes n'ont pas encore été audités et dont la valorisation est difficile à déterminer, nous devons refléter sa position auprès de la banque dépositaire et s'assurer que les actifs soient bien ségrégés de la compagnie d'assurance. Car in fine, nous nous devons de protéger l'investisseur". Ainsi, il est crucial de définir et d'identifier les partenaires qui acceptent d'évoluer dans de tels domaines, ce qui correspond nécessairement à un fort investissement … en temps et en personnes.  "Banques, banques privées, family office, etc. : nous allons travailler directement avec ces partenaires et construire, ensemble, une offre spécifique" explique Anthony.

 

Les différentes typologies d'actifs

En premier lieu, il est nécessaire de distinguer les actifs traditionnels et les actifs non traditionnels, ainsi que les environnements règlementés et non réglementés, qui se superposent. "Si on regarde le schéma ci-dessous, notre but est de partir de gauche, pour arriver tout à droite et ainsi couvrir le plus d'actifs possibles" explique Anthony Lorrain.

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Comment est-ce que cela fonctionne ? Les actifs ne sont pas au compte propre de OneLife, mais au compte des preneurs. Ils sont donc présentés séparément au niveau de la structure bilantaire. "Au passif, nous émettons une provision technique, de la même valeur que nos actifs : les deux s'éliminent au niveau du P&L (Profit&Loss). L'impact est quasi nul, excepté les frais. In fine, le risque n'est pas supporté par OneLife, mais par le preneur. A nous de ne pas mettre de denier dans des positions risquées. Nous devenons bien actionnaires mais pour le compte de notre preneur et assurons nos responsabilités d'actionnaires : nous votons, nous sommes présents aux assemblées générales, nous nommons l'auditeur, etc., toute la vie propre à l'actionnaire. Et nous allons essayer de couvrir l'ensemble des risques" explique Anthony Lorrain. Dès lors, les sociétés à responsabilité non limitée, ne sont jamais sélectionnées parce que le risque ne peut être complètement couvert, et il est nécessaire d'éliminer toute gestion de la part du preneur pour éviter que le contrat ne soit requalifié fiscalement parlant.

Le Commissariat Aux Assurances définit quatre catégories de clients : A, B, C et D, du moins fortuné au plus fortuné. Il considère que plus on est fortuné, plus on a d'aversion au risque et plus on peut investir dans des catégories d'actifs risqués ou liquides. "De fait, nous réservons ce type d'actifs aux catégories D, à savoir 1 million d'euros de contrat d’assurance et 2,5 millions d'euros de fortune mobilière déclarée. Dans ce contrat, il faudra mettre un minimum de 200 000 euros dans des actifs non cotés. En interne, il y a un comité d'acceptation : les départements se réunissent, du département Commercial à Compliance en passant par Wealth Structuring et Tax & Legal. Les départements clés se réunissent donc, et ensuite, nous validons ou non l'investissement". 

 

Les tendances du marché et les spécificités nationales

Quelle est la différence entre les UCITS (Undertakings for Collective Investments in Transferable Securities Directives) et les fonds alternatifs ? UCITS est un fonds avec une grande liquidité, le calcul de valeur nette d'inventaire (VNI) est souvent fait de manière journalière, dont on peut sortir très facilement. Les fonds alternatifs sont quant à eux plus restreints, avec une VNI semestrielle souvent trimestrielle, l'investissement est beaucoup moins liquide. Le fonds UCITS est ouvert à toutes les typologies d'investisseurs (A, B, C et D), le fonds alternatif est quant à lui réservé, chez OneLife, aux types C, souvent D. La différence, forcément, c'est le rendement du fonds alternatif qui est supérieur. "On remarque donc une forte attraction, et notamment sur certains marchés, notamment en France et au Luxembourg" précise le Unquoted & Traditional Assets Director.

La France favorise fiscalement les investissements en Private Equity en détention directe, et parfois, le risque de mettre de l'assurance-vie entre les deux est d'ajouter une couche de fiscalité. Celui-ci n'est donc pas mis en avant. Par contre, toujours en France, on détecte des opportunités concernant les fonds immobiliers, de type OPCI (Organisme de Placement Collectif en Immobilier), pour lesquels interposer une structuration assurantielle permet d'avoir un rendement net très attractif. "Nous avons beaucoup de sollicitations de la part de clients français, avec un schéma qui est maintenant connu : la détention de l'OPCI (le fonds n'est pas fiscalisé en France, car il y a une obligation de remonter 85% des revenus du fonds à la personne physique, le législateur français considérant alors que c'est la personne physique qui est fiscalisée), si on interpose entre les deux une couche d'assurance-vie, c'est la fiscalité de cette dernière qui va s'appliquer. Dès lors, notre stratégie pour la France est de développer davantage l'immobilier".  Mi-mars 2018, l'équipe d'Anthony Lorrain s’est rendue au MIPIM (Marché International des Professionnels de l’Immobilier) tandis qu’en juin 2018, Fouad Charrite s’est rendu au Global ABS, conférence titrisation, ces deux évènements représentant un attrait important, en parfaite adéquation avec le choix de l'assureur-vie luxembourgeois de se tourner vers ce type d’actifs.

Au Luxembourg, la société OneLife a une approche différente : "Nous avons développé l'acceptation du RAIF (Reserved Alternative Investment Fund). Ce fonds n'est pas régulé par la CSSF (Commission de Surveillance du Secteur Financier) car l'ensemble des intermédiaires qui gravitent autour de ce fonds sont régulés. On y retrouve un gestionnaire autorisé, une banque dépositaire autorisée, un auditeur agréé, un comptable, etc. : tout cela nous rassure sur le fonds et permet aussi d'avoir plus de flexibilité dans sa création. L'association entre RAIF et un contrat d'assurance-vie fonctionne donc également aujourd'hui".

L'équipe de Fouad cherche ainsi à déterminer les typologies "produits" et à s'adapter à chaque marché, ses spécificités, sa législation et ses contraintes. "Nous devons nous adapter et proposer des solutions pertinentes à nos clients" précise-t-il. Les contrats OneLife sont aujourd'hui présents sur les marchés belges, français, luxembourgeois, finlandais, suédois, danois, anglais, espagnols et portugais, mais également en Amérique latine. "Concernant les marchés sur lesquels nous n'opérons pas, il est possible qu’il y ait des besoins spécifiques. Dès lors, nous faisons une étude et nous rapprochons d'avocats locaux. Tout cela nous permettra de décider si oui ou non nous proposerons un contrat" conclut Anthony Lorrain.

 

Pour résumer, les avantages liés à ces actifs et proposés dans les contrats d’assurance-vie OneLife :

- une grande flexibilité de la part du régulateur qui autorise ce type de produits, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays,

- un appétit croissant de la part des clients (ce qui n'était pas possible auparavant en Belgique se débloque, et on peut maintenant appliquer les règles luxembourgeoises sur du non coté, même si quelques restrictions subsistent),

- une technicité unique, avec la présence d'experts dans chacun des domaines sous-jacents, qui viennent s’ajouter aux connaissances en assurance-vie.

 

Pour en savoir plus, onelife.eu.com

 

Interview par Alexandre Keilmann


Publié le 29 novembre 2018