Selon François Morin, économiste français, nous ne serions toujours pas sortis d’affaire quant à la crise de 2008 et le risque d’en voir apparaître une nouvelle est bien présent. Il ajoute que des mesures peuvent évidemment être prises pour l’éviter, mais que les autorités ne les prennent malheureusement pas en compte.

 

« La globalisation des marchés monétaires et financiers, le rôle dévastateur des CDS (Credit Default Swap) qui spéculent sur l’éventualité de possibles défaillances, l’interconnexion permanente des salles de marché des plus grandes banques et les relations de dépendance réciproque des grandes banques et des Etats à travers les dettes publiques, participent à la probabilité d’une crise financière mondiale » explique l’économiste. Si une seule de ces banques rencontre un problème de liquidité, l’effet domino désastreux qui s’en suivrait s’avèrerait apocalyptique pour l’économie mondiale.

 

Depuis 2008, les Etats se sont largement endettés et ne sont donc plus en capacité de faire face à une nouvelle crise financière. Les dettes publiques moyennes en Europe étaient proches de 70% en 2006. Aujourd’hui, elles atteignent les 110%. Un défaut de paiement d’un Etat ou le retrait massif de clients aux guichets d’une banque par exemple peuvent faire éclater une crise financière majeure. Et les conséquences sont déjà connues : blocage complet des marchés monétaires, effondrement de la croissance économique, chômage de masse,…

 

François Morin conseille entre autres de taxer les opérations financières, séparer les banques de dépôts et les banques d’investissement, supprimer les produits dérivés ayant pour sous-jacent des produits financiers, notamment les CDS. Il propose également de poser de nouvelles bases au financement de l’économie mondiale avec le retour en force de la puissance publique, en plus d’une ferme reprise en main de la création monétaire. Un nouveau « Bretton Woods » ainsi qu’une nationalisation partielle du secteur bancaire font également partie des préconisations. 

 

Les propositions sont maintenant connues, mais il est moins sûr qu'elles soient prises en compte...


Publié le 19 mars 2015