Pierre Gramegna plaide pour une politique budgétaire des États membres cohérente avec l'objectif de neutralité climatique de l'UE.

"Le Pacte de stabilité et de croissance a réussi à renforcer la stabilité financière de la zone euro et de l'Union européenne. C'est un acquis précieux qu'il ne faut pas dilapider ou remettre en question. Il faudrait cependant en parallèle favoriser les investissements permettant d'atteindre l'objectif ambitieux de la neutralité climatique d'ici 2050 et préparer l'UE à l'ère numérique. Pour y parvenir, le Pacte n'a pas besoin d'une révolution, mais d'une évolution qui puisse mettre en harmonie le plan de la Commission du "Green Deal" et le chemin d'une croissance plus soutenue et durable. Il faut en parallèle éviter que les investissements durables en faveur du climat ne deviennent des prétextes pour un assouplissement des règles existantes. À l'image de la réussite que constitue l'adoption par l'UE de règles pour la finance soutenable évitant le "green washing", il faut veiller à favoriser l'investissement en faveur du climat sans remettre en cause les fondements du Pacte. Le chemin entre ces deux objectifs est certes étroit, mais il existe, et l'analyse présentée par la Commission récemment en dessine le profil", a commenté Pierre Gramegna, ministre des Finances, qui était à Bruxelles, les 17 et 18 février 2020, pour participer aux réunions de l'Eurogroupe et du Conseil Ecofin.

Le sujet du réexamen du cadre européen de gouvernance économique a occupé le devant de la scène lors des deux jours de réunions, et les discussions sur le sujet ont montré que la simplification et modernisation du Pacte de stabilité et de croissance est une priorité absolue et qu'il faudra y consacrer le temps et l'énergie nécessaire au cours des prochains mois.

Lors de l'Eurogroupe à 27 États membres, les ministres des Finances ont également poursuivi les travaux en vue de la mise en place de l'instrument budgétaire de convergence et de compétitivité (BICC) dédié à la zone euro. La discussion a porté sur notamment la question du financement de ce nouvel instrument, au-delà des fonds qui lui seront attribués à travers le cadre financier pluriannuel 2021-2027.

Finalement, les ministres des Finances se sont échangés sur la fiscalité pesant sur le travail et sur les défis liés au déplacement de la charge fiscale vers une fiscalité plus écologique.

En marge des réunions de l'Eurogroupe et du Conseil Ecofin, Pierre Gramegna a eu l'occasion de rencontrer le commissaire Nicolas Schmit lors d'un déjeuner de travail pour un échange de vues sur les priorités de la nouvelle Commission européenne.

 

Communiqué par le ministère des Finances


Publié le 19 février 2020