L’année passée, la course au vaccin contre le coronavirus a été palpitante. Dès le mois de novembre, trois d’entre eux ont débarqué sur le marché sans crier gare. Les marchés d’actions ont réagi avec beaucoup d’optimisme, dans l’espoir de voir poindre la normalisation. À quoi les investisseurs dans le secteur des soins de santé doivent-ils être attentifs, c’est la question que se posent les gestionnaires de fonds John Bowler et le responsable Data Insights Unit Mark Ainsworth, tous deux de Schroders.

Trois vaccins

Depuis novembre, l’indice MSCI World a progressé de 12,8 %. Une hausse qui s’est principalement manifestée dans les secteurs qui ont beaucoup souffert des restrictions de la crise du coronavirus. Dans le secteur des soins de santé, la réaction aux nouvelles concernant le vaccin a été variée. Les entreprises associées aux tests et au diagnostic de la Covid-19 ont subi une chute de prix. Les hôpitaux et les fabricants d’implants orthopédiques qui ont dû faire face à un report des opérations en ont juste profité.

On n’avait jamais vu un vaccin développé à cette vitesse. Dans des conditions normales, un processus de développement similaire prend plutôt 10 ans que 11 mois. Selon Bowler, c’est la première fois en 20 ans qu’on assiste à une collaboration intensive entre différentes parties d’un aussi large spectre du secteur des soins de santé. La collaboration s’est étendue des entreprises commerciales, pharmaceutiques et de biotechnologie jusqu’au monde académique. L’ensemble du secteur a considéré que la contribution à la découverte d’une solution au défi auquel le monde entier était confronté faisait partie de ses attributions. 

 

Trois leçons de la pandémie

Même si trois vaccins efficaces existent aujourd’hui, la pandémie n’est pas encore derrière nous. La production, la distribution et l’injection des vaccins demandent du temps. Mark Ainsworth tire trois leçons de la crise du coronavirus.

- Le virus est au moins dix fois plus dangereux que la grippe saisonnière habituelle.

- Le virus est lié aux saisons. En hiver, les gens vivent à l’intérieur, ce qui facilite la propagation du virus. Ceci représente un défi pour l’hémisphère nord dans les mois qui suivent.

- Les pays les moins touchés par le virus s’en sortent mieux au niveau économique. Les discussions de l’année passée sur le choix de sauver des vies ou de sauver l’économie y sont superflues.

Les trois vaccins se basent sur la technique ARNm, ce qui les distingue des vaccins traditionnels. Ils ressemblent un peu à un logiciel qui pousse le corps à se défendre lui-même. Ce développement rapide est encourageant pour des entreprises comme BioNTech et Moderna, qui se concentrent sur l’ARNm. Elles disposent déjà d’autres candidats vaccin en développement pour des maladies pour lesquelles la production d’un vaccin conventionnel est très difficile.

 

L’avenir de la médecine à distance

Mais l’investissement dans le secteur des soins de santé dépasse le cadre des entreprises pharmaceutiques ou de biotechnologie. La pandémie nous force à réfléchir à l’organisation d’autres pans du secteur des soins. La médecine à distance et la communication virtuelle ont prouvé leur intérêt. Bowler leur prédit un grand rôle à l’avenir.

L’importance du secteur de santé publique ne doit pas non plus être sous-estimée. Les pays qui ont été lourdement touchés par le SARS dans le passé s’en sont mieux sortis avec la Covid-19. Il est clair que le traçage des contacts est essentiel si l’on veut contenir une épidémie dans le futur. Chaque année, les pouvoirs publics devront investir dans la possibilité de lancer rapidement un traçage des contacts. Cela permet d’arrêter un virus avant qu’il ne se propage, comme ce fut le cas à Taiwan et en Corée du Sud.

 

Trois facteurs

À l’avenir, les soins de santé seront déterminés par trois facteurs : la pression sur le budget de santé publique, le développement démographique (vieillissement de la génération du baby-boom) et les nouvelles technologies. La demande de soins de santé ne fera qu’augmenter, et donc l’exigence d’un fonctionnement plus efficace. Un marché en croissance est celui des systèmes digitaux pour assurer le suivi de la santé grâce à l’intelligence artificielle.

Les dépenses publiques considérables durant la pandémie nous forcent à améliorer la gestion des moyens disponibles et à accélérer l’adoption de nouvelles technologies dont pourront profiter les patients. Cela sera plus rentable pour le secteur.

 

Communiqué par Schroders


Publié le 18 janvier 2021