À court terme, Keith Wade, de Schroders, prévoit, pour l’économie mondiale, un ralentissement dû à l’affaiblissement des marchés développés. Après quatre trimestres consécutifs, Schroders réduit encore la croissance de l’économie mondiale en 2019, à 2,8 %. La faiblesse des indicateurs d’activité et l’important recul des échanges commerciaux au niveau mondial indiquent que les risques de récession sont élevés.

Pessimistes pour 2019, optimistes pour 2020

Keith Wade se montre plus optimiste pour la croissance en 2020. La progression des revenus réels aux États-Unis, l’assouplissement de la politique monétaire et la perspective d’une réduction des tensions commerciales devraient stabiliser la conjoncture. L’année prochaine, Schroders s’attend à une croissance de l’économie mondiale de 2,7 % (la précédente estimation était de 2,5 %).

  L’inflation diminue, sauf en zone euro

Schroders a également revu à la baisse les perspectives d’inflation à l’échelle mondiale en 2019 et 2020. Cela concerne toutes les régions, à l’exception de la zone euro pour laquelle Schroders prévoit une augmentation des prix au fur et à mesure que l’économie se remettra du malaise actuel. Ces prévisions d’inflation sont principalement motivées par la baisse des prix pétroliers à plus long terme.

  Assouplissement de la politique monétaire

La faiblesse de l’inflation et de la croissance facilitera l’assouplissement de la politique monétaire. Selon les prévisions, en raison de la poursuite du ralentissement de la croissance, la FED ne touchera pas aux taux cette année, avant de les réduire en deux étapes en 2020. Selon Schroders, la BCE admet les risques de ralentissement de la croissance économique dans la zone euro. Au vu des faiblesses actuelles, il n’est pas impossible que la première hausse de taux en zone euro intervienne seulement en mars de l’année prochaine. Schroders estime que la banque centrale chinoise reste accommodante et assouplit sa politique. Il y a moins de place aujourd’hui pour un affaiblissement du renminbi puisque la stabilité des cours de change est sur la table des négociations commerciales entre la Chine et les États-Unis. Une dépréciation importante de la devise ne fait donc pas partie des perspectives.

  Neutre pour les actions, préférence aux marchés émergents

Les perspectives de Schroders sur les actions à l’échelle mondiale restent neutres. À court terme, la croissance des bénéfices profitera aux actions mais, à plus long terme, l'amélioration restera limitée. Les actions sont vulnérables au resserrement des conditions de liquidités à l’échelle mondiale qui pourrait découler d’une amélioration de l’activité économique au deuxième trimestre. En outre, l’augmentation de la volatilité peut devenir un point d’attention tant que règnera l’incertitude politique.

Au sein des actions, Schroders accorde sa préférence aux marchés émergents après la reprise des bénéfices des entreprises. À la suite des importantes baisses de cours en 2018, les valorisations des actions des marchés émergents sont attrayantes. Quelques incitants supplémentaires en Chine constitueraient un facteur stimulant. Par ailleurs, une plus grande stabilité du dollar pourrait contribuer à l’amélioration des bénéfices des entreprises dans les prochains mois.

Schroders s’inquiète moins du risque de récession à court terme grâce au comportement modéré de la FED. Mais pour passer d’une évaluation « neutre » à « positive », les résultats des entreprises devront s’améliorer. Bien que les résultats se soient dégradés, nos perspectives relatives à la croissance des bénéfices et du chiffres d’affaires restent favorables pour les actions américaines. Schroders s’attend à ce que l’Europe doive faire face à des vents contraires et a revu son évaluation à la baisse, à « négatif ». Les indicateurs de l’activité économique en zone euro inquiètent Schroders.

  Obligations d’État réévaluées à neutre

L’évaluation des obligations d’État a été revue à la hausse, à « neutre ». Malgré les valorisations élevées, les indicateurs mondiaux révèlent la possibilité d’un recul de l’activité économique. Schroders émet un avis neutre vis-à-vis des US Treasuries et des obligations d’État japonaises (JGB), et positif envers les Bunds allemands.

  Les matières premières reviennent à neutre

L’évaluation des matières premières a été revue à la baisse, à « neutre », à cause de la détérioration de la dynamique du « carry » et des prix. L’or est retombé à « neutre » en raison des craintes d’un raffermissement du dollar américain. Les produits agricoles sont également retombés à « neutre » au vu des niveaux de stock excessifs. Sur le marché de l’énergie, Schroders reste « neutre », tout en actant la grande sensibilité des prix pétroliers aux réductions de production des pays de l’OPEP étant donné que l’offre pétrolière américaine joue un rôle de plus en plus important. Pour terminer, Schroders reste « neutre » vis-à-vis des métaux industriels puisqu’il est à peine question de reprise modérée, sauf si la Chine lance de grands programmes publics de stimulation.

 

Aperçu de l’allocation des actifs

 

Communiqué par Schroders


Publié le 25 avril 2019