Les investissements axés sur la durabilité ne sont pas un effet de mode, mais un signe des temps. Patrick Vogel, Head of Portfolio Management au sein de la société de gestion multi-boutique MainFirst, présente son approche ESG.

La compréhension des investisseurs a évolué, ils sont passés d'une préoccupation purement financière à la prise en compte de risques non financiers dans le cadre du processus d'investissement. Les concepts de génération de rendements et de durabilité ne sont plus considérés comme diamétralement opposés, mais sont de plus en plus étroitement liés. Cette constatation rencontre une adhésion croissante auprès des investisseurs. "L'intégration de la durabilité ne constitue pas une menace, elle ouvre de vastes opportunités économiques, environnementales et sociales", affirme Patrick Vogel, responsable des produits actions et multi-actifs chez MainFirst. "Investir durablement signifie investir progressivement et être conscient que les entreprises qui répondent aux plus grands défis du monde présentent les meilleures opportunités. C'est pourquoi l'ESG prend une importance considérable - elle devient un courant dominant".

Nous avons récemment constaté une hausse significative des investissements durables. Un nombre accru d'investisseurs reconnaissent que les fonds à gestion active, et en particulier ceux qui intégrent des facteurs ESG, génèrent de la valeur ajoutée. "Cette prise de conscience continuera de stimuler les flux de capitaux nets", déclare Patrick Vogel. Enfin et surtout, cette évolution positive, qui se reflète également dans de nombreux nouveaux fonds ESG, est alimentée par le Plan d'action sur la finance durable de la Commission européenne. Son principal enjeu est de canaliser les ressources financières vers des investissements durables, dont une part majeure peut ensuite être affectée au secteur privé.

 

Une tendance mondiale

L'investissement durable ne se limite pas à l'Europe. La durabilité est l'un des principaux thèmes mondiaux abordés dans les forums économiques et autres conventions. Même la Chine, premier producteur mondial de gaz à effet de serre, a pris le train en marche et souhaite devenir climatiquement neutre d'ici 2060. La puissance mondiale a déclaré la guerre au plastique à usage unique, ce qui aurait été impensable il y a quelques années à peine. Des pays tels que l'Inde et le Royaume-Uni ont déjà interdit la vente de nouvelles voitures équipées de moteurs à combustion d'ici 2030. La Californie et la Chine envisagent une démarche similaire. La nouvelle administration américaine devrait également faire un effort significatif en faveur des énergies alternatives. Joe Biden fait de la protection du climat une priorité de son programme politique. Patrick Vogel : " Ces exemples montrent qu'il ne s'agit pas de simple symbolisme, mais d'une véritable volonté de changement. Un consensus solide qui nous donne l'espoir que la Convention de Paris sur le climat n'a pas été complètement oubliée".

 

Participation active

"En tant que gestionnaire actif, nous nous prononçons également et nous signalons les lacunes des entreprises", poursuit Patrick Vogel. "Ici aussi, nous voyons les approches individuelles de chacune de nos équipes. Par exemple, un produit d'actions mondiales qui investit principalement dans des mégas à très grandes capitalisations peut avoir une approche différente de celle d'un produit dont l'investissement est axé sur les moyennes ou petites entreprises allemandes ou européennes. Par conséquent, pour nos produits mondiaux, nous avons tendance à nous exprimer par le biais d'un engagement collaboratif, par exemple dans le cadre de l'initiative Climate Action 100+ ou avec le soutien du Carbon Disclosure Project. Nos équipes dédiées aux petites capitalisations, en revanche, sont plus susceptibles d'apporter un changement par un échange direct avec les dirigeants d'entreprises et un vote actif. Cette approche individuelle démontre une fois de plus le caractère de MainFirst".

 

Taxonomie européenne face aux labels ESG

Dans moins d'un an, le règlement européen sur la taxonomie entrera en vigueur. Selon l'UE, le système de classification devrait fournir aux investisseurs des informations fiables, ainsi que des classifications des activités les plus diverses et des caractéristiques de leurs objectifs d'investissement selon des facteurs de durabilité. "Cependant, la situation des données n'est pas encore claire", déclare Patrick Vogel. "Ce dont nous avons besoin en premier lieu, c'est d'une ligne directrice claire et compréhensible ainsi que de données fiables, de qualité et comparables sur lesquelles fonder les évaluations. Toutefois, la taxonomie ne concerne qu'une partie de l'investissement durable, de sorte que les labels ESG continueront d'avoir leur raison d'être pour fournir des directives".

 

Des stratégies ESG dédiées

"Une sélection consciencieuse des titres et des critères d'exclusion clairement définis sont l'une de nos responsabilités essentielles pour contribuer concrètement à une utilisation plus durable du capital", poursuit Patrick Vogel. MainFirst n'impose pratiquement aucune contrainte à ses équipes de gestion de portefeuille, que ce soit dans la mise en œuvre de la stratégie de durabilité ou dans le choix des exclusions. Patrick Vogel : "Chaque gérant s'identifie à sa propre philosophie et orientation individuelle en matière de durabilité. Nous laissons à nos équipes la liberté d'aborder le thème de la durabilité de manière authentique. Une norme minimale - l'exclusion des armes - est définie, mais chaque équipe peut élaborer et mettre en œuvre des stratégies ESG spécifiques. Il est essentiel pour nous, en tant que multi-boutique, de ne pas uniformiser la mise en œuvre pratique de notre stratégie ESG".

 

Communiqué par MainFirst


Publié le 04 mars 2021