Selon les spécialistes de Schroders, l’intérêt pour les actifs privés va croître dans les années à venir. Actuellement, les actifs privés représentent environ 10 à 15 % d'un portefeuille institutionnel. Mais cette part va augmenter au cours des trois prochaines années. Comme les risques macroéconomiques et géopolitiques deviennent de plus en plus préoccupants pour les investisseurs, ceux-ci vont exiger une plus grande diversification de leur portefeuille et rechercher un rendement non corrélé attractif. Les actifs privés peuvent répondre à cette attente.   Nils Rode, Ji-Eun Kim, Duncan Owen, Charles Dupont et Beat Holliger présentent leur vision du capital à risque privé, de la dette privée, de l’immobilier, des financements d’infrastructures et des titres liés à l’assurance.

Capital à risque privé

Le capital à risque privé est considéré comme créateur de valeur, tant pour l'économie que pour les investisseurs. Il y a donc un trend de croissance à long terme, écrit Nils Rode, Chief Investment Officer, chez Schroder Adveq. L'afflux croissant de capitaux vers le capital à risque privé comporte cependant des défis. En particulier, les valorisations privées des « licornes » préalables à leur entrée en bourse ont tellement augmenté ces dernières années qu'elles peuvent décevoir une fois cotées en bourse. Uber, Lyft, Slack et Pinterest, les chouchous du monde du capital à risque privé, cotent aujourd'hui en dessous de leur prix de lancement.

  Dette privée 

La dette privée est l'une des catégories d’actifs privés qui connaît la croissance la plus forte, selon Ji-Eun Kim, Head of Private Asset Manager Solutions. Après les grands fonds souverains, les investisseurs institutionnels ont, eux aussi, découvert cette catégorie. Lorsque les banques se sont retirées du crédit après la crise financière et que les relations entre les entreprises et les prêteurs se sont améliorées, on a vu apparaître un large éventail de possibilités. L'attractivité croissante de la dette privée comporte des risques tels que des nouveaux prêteurs et une concurrence accrue. La prudence est de mise par rapport aux prix et conditions moins favorables. Compte tenu des signes de ralentissement de la croissance économique, Ji-Eun Kim considère que les investisseurs devraient donner la priorité à la qualité des gestionnaires et au maintien de positions de dette privée diversifiées dans les diverses régions et secteurs.

  Immobilier commercial 

Les prix de l'immobilier commercial européen varient fortement et évoluent dans des directions opposées. Voilà pourquoi les investisseurs ne doivent donc pas se contenter de suivre un seul marché, mais doivent en suivre plusieurs. La plus grande différence est celle enregistrée entre le stockage de détail et le stockage industriel. Duncan Owen, Global Head of Real Estate, pense que la fragmentation du marché se poursuivra en 2020. Il privilégie les bureaux dans les « villes gagnantes » qui ont une économie diversifiée, comme Amsterdam, Berlin, Copenhague, Paris, Munich, Manchester, Londres et Stockholm. Il distingue des faisabilités dans les endroits où il y a une demande d’applications concurrentielles. Le secteur du commerce de détail reste difficile. Le défi consiste à donner aux espaces commerciaux une nouvelle affectation en les transformant en hôtels, bureaux et logements.

  Financement des infrastructures 

En raison de la faible croissance économique et des valorisations élevées sur les marchés publics, les investisseurs recherchent des placements soutenus par des tendances structurelles à long terme. Le financement des infrastructures répond bien à cette attente, selon Charles Dupont, Head of Infrastructure Finance. 

Les investisseurs ont pendant longtemps considéré les investissements dans les infrastructures comme inintéressants et peu emballants. Le marché était considéré comme mature et la demande de financement semblait diminuer. Pourtant, cette catégorie d'actifs en apparence poussiéreux - qui semble à première vue très éloignée des paillettes et du glamour des start-ups technologiques - est davantage sous le feu des projecteurs ces dernières années. La transition énergétique, la mobilité urbaine et la révolution numérique sont des secteurs dans lesquels les besoins de financement sont considérables et les capitaux privés peuvent y pourvoir. Cela modernise l'image de l'infrastructure. L'investissement dans l'infrastructure devient de ce fait un investissement branché et socialement responsable.

 

Titres liés à l’assurance 

L'incertitude qui règne actuellement sur les marchés publics renforce la demande de rendements non corrélés que peuvent procurer les titres liés à l'assurance (ILS). Beat Holliger, Head of Product Management, ILS, considère les ILS comme un bon moyen de répartir les risques. Par le passé, les ILS ont ajouté un élément stabilisateur aux stratégies de placement exposées à la volatilité des classes d'actifs traditionnelles.

Environ un tiers du marché relativement jeune des ILS est constitué d'obligations catastrophes (« CAT bonds »). Ces obligations sont les instruments les plus liquides du marché des ILS. Ces dernières années n'ont pas été faciles pour les ILS. Après une décennie de sécheresse, les années 2017 et 2018 ont été marquées par plusieurs ouragans qui ont frappé les États-Unis, par les incendies de forêt qui ont dévasté la Californie et par des typhons qui ont provoqué des dégâts considérables au Japon. Les primes d'assurance vont par conséquent augmenter dans les régions sinistrées. Les investisseurs y trouveront une compensation pour la période de pertes supérieures à la moyenne.

 

Communiqué par Schroders


Publié le 17 janvier 2020