Bien qu’un certain nombre de pays d’Amérique latine connaissent actuellement une période d’incertitudes économiques et politiques, les perspectives de croissance à long terme dans l’industrie de la gestion d’actifs restent très positives d’après un rapport récemment publié par PwC et Sura Investment Management.

Le rapport, intitulé Asset and Wealth Management Revolution: Latin America’s flourishing opportunities, montre que, malgré les obstacles auxquels la région doit faire face, les avoirs sous gestion ont progressé à un taux de croissance composé annuel (TCCA) de 7,9% depuis 2015, atteignant 2 400 milliards de dollars en 2018. Ce montant devrait continuer à progresser à un rythme moyen annuel de 11,8% (TCCA) d’ici 2025, pour atteindre la barre des 5 300 milliards de dollars. Parmi les principaux vecteurs de croissance figurent la forte croissance des actifs dans les fonds de pension ainsi qu’une classe moyenne qui prospère grâce à l’entrée sur le marché du travail d'une proportion élevée de la population composée essentiellement de jeunes.

D’après Pablo Sprenger, CEO de Sura Investment Management : « L’industrie de la gestion d’actifs en Amérique latine présente des perspectives de croissance et les acteurs qui sont en mesure de se positionner maintenant avec succès sur ce marché en récolteront les bénéfices à long terme ».

 

Le rapport identifie quatre facteurs clés de changement dans l’industrie de la gestion d’actifs en Amérique latine :

 

1. Un marché d’acheteurs

La demande de transparence sur les produits et les frais de gestion, initiée par les régulateurs, et le fait que la « génération du millénaire » devienne le principal groupe d’investisseurs sur le marché entrainent un basculement du rapport de forces des gestionnaires d’actifs vers les investisseurs. L’industrie devra faire face à une pression accrue sur les frais de gestion d’un côté et une augmentation des coûts de l’autre. Compte tenu de la situation actuelle, les gestionnaires d’actifs devront être proactifs, répondre aux attentes des clients en matière de produits, communication et reporting, tout en maintenant les coûts sous contrôle.

 

2. Technologies numériques – ça passe ou ça casse

Les gestionnaires d’actifs établis en Amérique latine devront adopter le numérique afin d’améliorer l’expérience client de la jeune génération maîtrisant les nouvelles technologies. Compte tenu de cette population relativement jeune et à bas revenus, les robo-advisors pourraient connaitre une croissance plus importante que prévue dans la région. Les gestionnaires d’actifs devront également envisager les nouvelles technologies telles que les solutions RPA (Robotic Process Automation) et l’intelligence artificielle sur l’ensemble de la chaîne de valeur afin de diminuer les coûts et améliorer l’efficacité.

 

3. Financer le futur

L’Amérique latine continuera à faire face à d’importantes pressions en matière de financement des infrastructures dans les prochaines années, notamment en raison du poids de la dette publique qui continue de croitre. Les gestionnaires d’actifs devraient envisager de jouer un rôle plus important dans le domaine du financement en octroyant des fonds pour les projets d’infrastructure dans la région et en parallèle en développant des produits d’épargne-retraite.

 

4. Les résultats comptent

Les gestionnaires d’actifs opérant en Amérique latine devront adapter leur offre, notamment en proposant des produits alternatifs et ESG, afin de réussir dans un marché de plus en plus compétitif. Dans un contexte où la demande augmente, les investisseurs institutionnels mèneront une analyse critique de l’alpha et du beta – les gestionnaires qui seront capables de délivrer de l’alpha devraient tirer leur épingle du jeu.

 

Fanny Sergent, associée chez PwC, commente : « Nous allons assister à des changements majeurs en termes de régulation, produits, distribution, technologie et talent dans les années à venir en Amérique latine. Dans ce contexte, nous pensons que les gestionnaires d’actifs doivent se positionner pour saisir les opportunités, en restant conscients des challenges actuels ».

 

Communiqué par PwC Luxembourg


Publié le 09 décembre 2019