Par Dimitrios Nteventzis et Thomas Rutz, gérants des fonds MainFirst Emerging Markets Corporate Bond Fund Balanced et MainFirst Emerging Markets Credit Opportunities Fund.

Les obligations d’entreprises des marchés émergents bénéficient de rendements attractifs, de fondamentaux solides qui continuent de s'améliorer, et d'un fort potentiel de croissance future. Bref, ces obligations continuent de générer des revenus.

En 2004, l'univers des obligations d'entreprises des marchés émergents libellées en devises fortes était relativement restreint, autour de 270 milliards de dollars environ. En 2009, soutenue par la forte expansion économique des pays en développement, la classe d'actifs avait plus que doublé pour atteindre 600 milliards de dollars. Fin 2018, l'univers des obligations d'entreprises des marchés émergents en devises fortes atteignait 2 200 milliards de dollars.

  Une amélioration des fondamentaux

Les obligations d'entreprises des marchés émergents offrent des rendements attrayants et – contrairement à l'opinion populaire – ces sociétés sont aujourd'hui moins endettées que leurs homologues américaines qui ont encore un ratio d’endettement élevé. Les fondamentaux de crédit pour les marchés émergents ont non seulement bien résisté, mais se sont améliorés en 2018. Et ça, malgré une année difficile pour les marchés mondiaux, caractérisée par l'incertitude politique, les hausses de taux d'intérêt de la Réserve Fédérale, les crises monétaires en Turquie et en Argentine, et bien sûr la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

Passant outre les turbulences politiques et économiques, l'EBITDA des émetteurs d'obligations à haut rendement des marchés émergents avait progressé de 27 % entre fin 2017 et fin 2018, tandis que l'endettement net diminuait, passant de x2,1 en décembre 2017 à x1,5 en décembre 2018. Cette amélioration du crédit sur les marchés émergents a été impressionnante, notamment en comparaison avec les entreprises américaines. Alors que la plupart des sociétés ont publié leurs résultats pour le premier trimestre 2019, nous ne constatons pas aujourd’hui de faiblesse significative en matière de génération d'EBITDA dans les marchés émergents et nous nous attendons à ce que la tendance positive de désendettement se poursuive.

  Des plans d'investissement prudents et une meilleure liquidité

Le désendettement des marchés émergents s’explique principalement par des plans d'investissement plus prudents. Le ratio des dépenses d’investissement par rapport à l’EBITDA a diminué en tandem avec la tendance au désendettement amorcée en 2017. En termes de croissance, les dépenses d’investissement à fin 2018 n'avaient augmenté que de 5 % par rapport à l'année précédente tandis que l'EBITDA avait pour sa part augmenté de 27 %. De nombreuses entreprises avaient été lourdement pénalisées entre 2015 et 2016 par le marché baissier sur les marchés émergents et avaient eu de la peine à réduire rapidement leurs investissements. Les leçons tirées de cette période difficile s’observent aujourd’hui dans la plus grande prudence des équipes de direction. Prudence qui se traduit par une moindre disposition à croitre par le biais d'investissements agressifs et par une plus forte concentration sur des opportunités ciblées, sur une amélioration de la productivité et une réduction des coûts.  

La liquidité, autre indicateur très important pour les investisseurs sur les marchés émergents, s'est aussi considérablement améliorée au cours de l'année écoulée, le ratio liquidités/dette à court terme se situant au niveau le plus élevé de ces dix dernières années. Compte tenu des niveaux de trésorerie et de la composition actuelle de la dette (dette à court terme par rapport à la dette à long terme), nous estimons que la plupart des sociétés peuvent facilement couvrir leurs besoins de financement à court terme, même dans des scénarios extrêmes de volatilité prolongée et d'accès limité aux marchés financiers. 

  L'amélioration de la résilience des entreprises des marchés émergents offre des opportunités

Malgré la performance positive des titres à haut rendement des marchés émergents en 2019, les niveaux des spreads sont à peu près inchangés par rapport à fin 2018, l'essentiel de la performance provenant du portage et de la baisse des taux d'intérêt américains. Soutenues par l'amélioration de leurs fondamentaux, et les cours actuels excluant une détérioration significative de ces fondamentaux, nous pensons que les entreprises des pays émergents sont particulièrement résilientes et disposent d’une marge de manœuvre considérable en cas de nouveaux chocs sur les marchés mondiaux.

Leur potentiel de croissance, la solidité de leurs fondamentaux et l'attrait de leurs rendements, en plus du fait que de nombreuses obligations marchés émergentes libellées en devises fortes ne sont pas trop corrélées avec les marchés développés, font qu'investir dans ces marchés - toujours en ayant une bonne compréhension des marchés et des entreprises - constitue une belle opportunité pour les investisseurs. 


Publié le 08 juillet 2019