L'Asie a bien géré la pandémie, ce qui a eu un impact positif sur les cours en 2020. Mais l’activité croissante des investisseurs privés risque de provoquer la formation de bulles dans certaines régions. Les investisseurs doivent donc être sélectifs, explique Richard Sennit, gestionnaire de fonds Actions Pacifique et Actions small cap mondiales chez Schroders. Il trouve particulièrement intéressants les secteurs qui parlent moins à l’imagination et que les investisseurs ont donc tendance à délaisser, comme les banques, l’immobilier, les biens d’investissement et les équipements d’utilité publique, en partie parce que les valorisations sont à la traîne dans ces secteurs.

Diversité

L'Asie a été la première touchée par la pandémie du coronavirus, mais elle a aussi été la première à en sortir. L’on observe pourtant des différences de performances au niveau tant géographique que sectoriel. Les pays d’Asie septentrionale (Chine, Corée du Sud et Taïwan) par exemple, qui ont réussi à contenir le virus, ont surperformé les marchés boursiers indiens et de Lafon. Au niveau sectoriel, ce sont surtout les services numériques et les services connexes qui se distinguent. Pensez aux semi-conducteurs et aux autres entreprises technologiques. Parmi les autres gagnants de la crise de la COVID-19, citons le commerce électronique, les biens de consommation et les communications. Bon nombre de ces gagnants sont implantés dans les pays d’Asie du Nord, ce qui contribue aux bons résultats de ces pays. Les secteurs traditionnels tels que l’énergie et les services financiers ont sous-performé. La plupart de ces secteurs représentent une part plus importante du marché dans le Sud et le Sud-Est de l’Asie.

  Les prévisions de bénéfices élevés ne sont pas irréalisables

Les marchés boursiers ont rebondi grâce aux espoirs de reprise, à la vaccination et aux mesures de soutien prises par les banques centrales et les gouvernements. Ces facteurs continueront à jouer un rôle en 2021.

En raison du rallye sur les marchés boursiers, les actions semblent chères par rapport à leur moyenne à long terme. Les marchés tiennent compte d’une reprise robuste des bénéfices et tablent sur une croissance des bénéfices de 25 % par rapport à 2020 et de 15 % l'année prochaine pour la région Asie hors Japon. Richard Sennit pense que ce scénario n’est pas irréalisable. Mais tout dépendra de l’évolution de la pandémie et notamment de la lutte contre les nouveaux variants du virus. 

  Les investisseurs privés contribuent à la bulle

Un autre facteur qui a contribué à la forte hausse des marchés d'actions est l'activité croissante des investisseurs privés. C'est particulièrement le cas aux États-Unis, mais on le remarque aussi en Asie. Richard Sennit pense que c’est la principale raison des valorisations de type « bulle » dans certains segments du marché. Les secteurs convoités, tels que les biotechs, les logiciels et les véhicules électriques, atteignent des cotations proches de leurs sommets historiques. Les valorisations s’expliquent par les prévisions de croissance future élevée, ce qui rend ces actions vulnérables aux fluctuations du sentiment ou des taux d'intérêt. 

  Soyez sélectif

Dans d’autres secteurs, comme les banques, l’immobilier, les biens d’investissement, les équipements d’utilité publique - qui parlent moins à l’imagination des investisseurs - les cours affichent des ratios plus faibles. Selon Schroders, cela souligne l’importance de la sélection des actions dans la région. Soyez attentifs aux secteurs délaissés où les valorisations sont à la traîne, recommande Richard Sennit. Il conseille d’éviter les secteurs dont la marge de sécurité est limitée à cause du momentum. Cela concerne aussi bien certains secteurs que certains pays.

Richard Sennit souligne aussi que la Chine prend déjà des mesures de resserrement de sa politique monétaire. Il s’attend à ce que les pays qui ont obtenu de bons résultats soient les premiers à réduire l’aide et les liquidités. 

  Le dividende qui rend l'Asie attractive

L'Asie reste intéressante en termes de revenu. La région offre un solide flux de dividendes. Il s’agit là d’une conséquence positive de la crise financière asiatique, qui a amené les entreprises à opter pour des bilans beaucoup plus prudents que dans le reste du monde. 

 

Communiqué par Schroders


Publié le 14 avril 2021